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lundi 24 février 2014

L'Intuition

Écrit par Leonardo Vintiñi, pour Epoch Times


notre avancée technologique nous ferait-elle perdre nos dons ? «La seule chose de vraie valeur est l'intuition.» disait Albert Einstein
L'intuition
« Heureux ; en colère ; heureux ; vraiment heureux ». Un instrument surveille le cerveau de Monsieur X qui ne semble pas dire les choses au hasard. Il a subi deux hémorragies cérébrales qui ont endommagé le centre de la vision dans le cerveau, et l’ont rendu aveugle.
On a présenté à Monsieur. X des photos de visages exprimant la peur, le bonheur et d’autres émotions. Il a donné les bonnes réponses à un niveau bien plus élevé que ne l’aurait fait le pur hasard. Existerait-il un moyen de voir en dehors de la vision oculaire ? S’agit-il d’un mode de réceptivité qui n’aurait pas encore été découvert ?
Le Docteur Alan Pegna de l’université de Nouvelles Galles du Sud en Australie et son équipe de chercheurs à Genève ont été étonnés des résultats de l’étude. Durant le scanner, on a remarqué une activité très nette dans l’amygdale droite de Monsieur X, une activité tout à fait semblable à celle d’un sujet faisant la même chose mais avec un cerveau non endommagé.
Certains scientifiques tirent de cette expérience une hypothèse tout à fait intéressante : l’éventualité d’un sixième sens. Pour d’autres, il s’agit ni plus ni moins du début de la recherche scientifique sur une capacité bien connue depuis longtemps : l’intuition.
Bien que l’intuition soit peu acceptée dans les milieux scientifiques, la reconnaissance de cette capacité a pris de l’ampleur en neurophysiologie ces dernières années. Pourtant, cette capacité qui est de connaître les choses avant qu’elles ne se soient passées : tant pour des évènements lointains que pour des changements imminents dans l’environnement, est bien connue depuis des milliers d’années par les peuples indigènes du monde entier.
Hypersensibilité ou sixième sens ?
Après le tsunami en 2004 en Asie, un représentant du gouvernement du Sri Lanka a fait des remarques très intéressantes : « la mer a rapporté des centaines de corps humains mais pas le moindre cadavre d’éléphant, de chat ou de lapin. C’est étrange qu’on n’ait pas vu d’animaux morts».
Les animaux auraient-ils la capacité de sentir un danger imminent ? Comment ont-ils pu s’enfuir devant le tsunami ? Car juste quelques minutes avant que la mer ne s’enfonce dans les terres, les animaux ont filé désespérément vers les hauteurs de l’île.
De même, les peuples autochtones de la région, avec en eux 60 000 ans de contact avec la nature, ont suivi le comportement des animaux et les ont accompagnés vers les hauteurs. Pratiquement tous les autochtones ont survécu au tsunami. Mais comment ces hommes et ces animaux ont pu percevoir ce danger immédiat ? Peut-on raisonnablement avancer que c’est le résultat de leur intuition ? Et s’il en est ainsi, comment fonctionne ce mystérieux mécanisme biologique ?
Il n’est pas facile de répondre à ces questions. Selon certaines enquêtes, les peuples natifs de l’île, en vivant, proches de la nature, ont, au fil du temps, intégré un grand savoir. Ils ont pu par exemple : ressentir la résonance des pas des éléphants sauvages lorsqu’ils se sont précipités à l’intérieur de l’île, ou observer l’étrange attitude des dauphins, des iguanes et des oiseaux. Ainsi, ils ont pu percevoir de manière très efficace ce que les radars, qui ne fonctionnaient pas à ce moment-là, n’auraient pas forcément pu détecter ou su interpréter.
Dans un article paru dans la revue Science, des chercheurs de l’université Saint Louis de Washington ont expliqué que les clés d’anticipation que possèdent les peuples indigènes proviennent d’une région du cerveau appelée le cortex antérieur. Cette zone du cerveau devient active dans des situations où le changement de l’environnement reste imperceptible à la conscience mais nécessite une action pour assurer la survie de l’individu.
Comprendre comment les animaux ont eu l’intuition de l’approche du tsunami est une tâche plus difficile. Des chercheurs en comportement animal suggèrent que des indices tels que des changements dans la pression atmosphérique, des vibrations du sol et les sons émis par les vagues qui avancent, des choses imperceptibles aux sens humains, peuvent donner des indices à certains organismes sur un danger imminent. On sait, de même, que les oiseaux et les autres animaux quittent une zone juste avant une éruption volcanique.
Des biologistes chinois ont observé que quelques minutes avant un tremblement de terre, les chats, les chiens et les autres animaux domestiques de la région deviennent agités et dans certains cas hurlent, aboient ou miaulent de manière incontrôlée. Les serpents sortent de leur trou, les oiseaux voltigent dans leur cage et les rats courent frénétiquement.
Cependant beaucoup de scientifiques croient, aussi bien dans ce cas que dans celui de Monsieur. X, qu’il doit exister une méthode différente selon laquelle les formes de vie peuvent percevoir leur environnement autrement que par les sons, les vibrations, les odeurs, les images ou le goût.
Une capacité en sommeil
L’expérimentation initiale a été simple : on a pris une quarantaine de volontaires et deux photographes par test. Le directeur de l’expérimentation, Ronald Rensink, professeur assistant de psychologie et science de l’ordinateur à l’université de Colombie Britannique a choisi le sujet d’observation suivant : comment se sont produits des accidents pour lesquels les responsables n’avaient pas pu voir la voiture dans laquelle ils sont rentrés. Cette étude a été publiée par Science Psychologique.
Au début, on a montré aux volontaires la photo d’une route. Puis à plusieurs reprises la même image a été visionnée. A un moment choisi par hasard, au cours d’une nouvelle présentation, quelque chose dans l’image est changée : un élément ajouté ou enlevé, par exemple.. Mais ce changement, même significatif, reste souvent difficile à percevoir.
Il est demandé aux volontaires, d’appuyer sur un bouton au moment où ils s’aperçoivent du changement. La surprise a été la demande de certains volontaires. En effet  ils ont demandé à Ronald Rensink s’ils devaient presser le bouton lorsqu’ils voyaient vraiment le changement ou alors lorsqu’ ils avaient l’intuition que le changement allait se produire.
Ceci orienta de manière différente l’étude. Ronald Rensink nota que non seulement la majorité des volontaires se rendaient compte du changement au moment précis où celui-ci survenait, mais de plus, un tiers des sujets pressait le bouton juste avant la présentation de la photo.
Cette étude démontre que l’intuition pourrait bien être une façon extrasensorielle de détecter des changements infinitésimaux de l’environnement. Elle suggère que nous pourrions avoir la capacité de percevoir des stimuli impossibles à détecter, même avec une technologie de pointe.
Pourrait-on faire quelque chose pour améliorer nos capacités intuitives ? Pourquoi les animaux bénéficient d’une meilleure acuité intuitive que nous ? Nos ancêtres, intimement liés à la nature, avaient une capacité intuitive développée. D’où l’idée que nos contemporains, en faisant de plus en plus appel à la technologie pour comprendre le monde, ont perdu peu à peu leur capacité intuitive. Dans notre culture moderne, on accorde plus de crédit à des choses pouvant être facilement vérifiées.
Alors notre avancée technologique nous ferait-elle perdre nos dons ? «La seule chose de vraie valeur est l'intuition.» disait Albert Einstein

L'article n'est plus disponible sur le site.


jeudi 19 septembre 2013

Comment l'Esprit guérit le Corps - Sciences et Avenir

Comment l'Esprit guérit le Corps

Un article de Sciences et Avenir

Juillet 2013

Un dossier réalisé par Sylvie Riou-Milliot et Elena Sender

"L'exercice de la méditation, en modifiant la structure et le fonctionnement du cerveau, agit de manière positive sur la santé. Les neurosciences sont aujourd'hui en mesure de le prouver.'


Voici ci-dessous les 9 pages de ce dossier dans Sciences et Avenir N°797 (cliquez pour agrandir l'article), pour ceux qui n'ont pas pu le lire, le numéro est parti très vite des kiosques, signifiant l'intéret croissant du public pour la méditation qui entre peu à peu dans les moeurs de la Médecine occidentale. 
La méditation qui est aussi utile pour développer son intuition, dans la réceptivité et l'intention qui est porté à l'exercice, dans la présence à soi et en son corps. 

Bonne lecture et Bonne rentrée à tous ! 












Le site de Sciences et Avenir
http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/

A lire aussi sur ce sujet
Les étonnants pouvoirs de transformations du cerveau
La puissante introspection de Jill Bolte Taylor
Médecine Spirituelle, Médecine Inspirée

Dernière minute Dossier spécial sur les Bienfaits de la Méditation - 
Les archives de l'INA  concocté par Florence Dartois.
Cliquez ICI pour voir le dossier complet

Podcast Une émission France Culture du 22 septembre 2013

« Est-ce-que la méditation transforme notre cerveau et nous rend bienveillant »

jeudi 16 août 2012

"Une région du cerveau aide à réfléchir sur ses propres pensées"


  • Recherche / Neurosciences cognitives.

    "Une région du cerveau aide à réfléchir sur ses propres pensées"







    Une nouvelle étude montre qu’une région particulière du cerveau s’avère plus développée chez les personnes montrant une facilité à réfléchir sur eux-mêmes et leurs propres décisions. Cet acte d’introspection, ou le fait de « penser sur nos propres pensées », est un élément clé de la conscience humaine. Il existe néanmoins plusieurs manières de faire selon les scientifiques.

    Les résultats des chercheurs de l’University College London (UCL) au Royaume Uni, publiés dans la revue Science, suggèrent que le volume de matière grise située juste derrière nos yeux, le cortex préfrontal antérieur, est un bon indice de la capacité d’introspection d’une personne. De plus, les chercheurs proposent que la structure de la matière blanche reliée à cette aire soit aussi en rapport avec le processus de l’introspection.

    Il reste toutefois à élucider le lien fonctionnel entre l’introspection et ces deux éléments du cerveau. Le résultat de l’étude ne signifie pas que les individus ayant un volume plus important de matière grise dans cette région du cerveau ont, ou auront, plus de pensées introspectives que les autres. Il établit en revanche une corrélation entre structure des matières grise et blanche du cortex préfrontal et niveau d’introspection.

    Cette découverte pourrait aider à l’avenir les scientifiques à mieux comprendre comment certaines lésions du cerveau affectent la capacité de l’individu à réfléchir sur ses pensées et ses actions. Une telle compréhension pourrait alors aboutir à la mise au point de traitements adaptés pour ces patients, tels que les victimes d’accident vasculaire cérébral (AVC) ou de traumatismes cérébraux, alors qu’ils ne comprendraient même pas l’état dans lequel ils se trouvent.

    « Prenez par exemple deux patients atteints d’une maladie mentale, l’un conscient de sa maladie, l’autre non » dit l’un des auteurs de l’étude, Stephen Fleming de l’UCL.

    « La première risque de se soigner, la seconde moins. Si nous comprenons la conscience de soi au niveau neurologique, peut-être aurons-nous alors la possibilité d’adapter des traitements et de mettre au point des exercices spécifiques pour ces patients. »

    Cette étude est issue de la collaboration des groupes Geraint Rees et Ray Dolan à l’UCL dans le but de comprendre la prise de décision. Les chercheurs ont mis au point une expérience pour mesurer la performance d’une personne à un test ainsi que son degré de confiance dans les décisions qu’il prend au cours de ce test. En notant la capacité des participants à juger de leurs propres décisions, les chercheurs ont été en mesure d’évaluer leur capacité d’introspection.

    Les chercheurs ont pour cela recruté 32 volontaires en bonne santé et leur ont montré deux écrans, chacun contenant six motifs. L’un des écrans affichait toutefois un motif plus brillant que les autres. Les chercheurs ont demandé aux participants d’identifier quel écran le contenait puis d’estimer leur degré de confiance dans leur appréciation finale. Après l’expérience, le cerveau des participants a été scanné en imagerie par résonance magnétique, ou IRM.

    La tâche imaginée était difficile, de sorte que les participants n’étaient jamais complètement sûrs de donner la bonne réponse. Les chercheurs ont pensé que les personnes meilleures pour l’introspection seraient plus sûres d’elles après avoir fait le choix correct et moins sûres lorsque leur choix n’était pas le bon. Effectivement, l’expérience a montré que la capacité à prendre des décisions était la même entre tous les participants mais que la différence semblait se situer dans la connaissance des participants à prendre des décisions.

    « C’est comme à l’émission « Who wants to be a millionaire ? (Qui veut gagner des millions ?) » précise Weil.

    « Une personne introspective confirmera sa réponse finale que lorsqu’elle sera vraiment sûre et téléphonera peut-être à un ami si elle a un doute. Un participant moins introspectif, au contraire, sera moins efficace pour juger si sa réponse est bonne ou pas »

    Ainsi, bien que chaque participant ait fait aussi bien au test, les chercheurs ont confirmé que leur capacité introspective peut énormément varier. En comparant les images IRM du cerveau de chaque participant, ils ont pu repérer une corrélation entre la capacité d’introspection et la structure d’une petite zone du cortex préfrontal. Les capacités méta-cognitives ou de « pensées plus élevées » semblent ainsi en rapport avec la quantité de matière grise du cortex préfrontal antérieur droit et de la matière blanche qui l’entoure.

    Ces résultats pourraient refléter des différences innées dans notre anatomie nerveuse ou l’effet de l’expérience et d’un entraînement. Dans ce dernier cas, on pourrait alors envisager de « développer » les capacités métacognitives en exploitant la malléabilité de ces régions dans le cortex préfrontal. Il faudra néanmoins plus de recherches pour explorer les mécanismes mentaux de l’introspection et pouvoir ensuite les relier à des processus biologiques.

    « La conscience est la « frontière ultime » de la biologie, »

    explique Stephen Fleming, principal auteur de l’étude.

    « Nous voulons savoir comment nous sommes conscients de certains processus mentaux alors que d’autres sont totalement inconscients. Des scientifiques et des philosophes ont récemment suggéré l’existence de différents niveaux de conscience, allant de la simple expérience des choses vécues à la réflexion qui porte sur ce vécu. L’introspection se situe au bout de cette échelle et la mesure de son activité en fonction de celle du cerveau nous donne l’espoir de mieux comprendre la biologie de la pensée consciente, » conclut le chercheur.



samedi 20 août 2011

Neurologie et nouveauté



"Chaque fois que nous faisons quelque chose de nouveau, nous créons un nouveau chemin neurologique qui facilitera l'accès à cette nouvelle expérience. Chaque fois que nous répétons un comportement particulier, nous renforçons le chemin neurologique qui y est associé, tout comme, chaque fois que nous empruntons un sentier à travers champ, il devient plus distinct."

Paul MCKENNA

dimanche 24 octobre 2010

Les étonnants pouvoirs de transformation du cerveau

À la manière d'un Oliver Sacks, le psychiatre canadien Norman Doidge explique de façon limpide et distrayante la plasticité neuronale et l'adaptabilité du cerveau.

D'intrigantes histoires cliniques servent de point de départ à cette plongée dans les replis du cerveau. Livrant avec beaucoup de clarté les nouvelles connaissances sur les capacités de réorganisation structurale et fonctionnelle du cerveau, Norman Doidge nous ouvre les portes d'un domaine de recherche en perpétuelle évolution, à l'image du cerveau lui-même. Ce documentaire est une adaptation du livre éponyme du même Norman Doidge (titre original : The brain that changes itself). Traduit en français en 2008 et publié chez Belfond, cet ouvrage a trôné en tête des ventes au Canada et figuré sur la liste des best-sellers du New York Times. Un regard révolutionnaire sur le développement et le potentiel d'adaptation de l'homme.

http://www.dailymotion.com/video/xb65c4_les-etonnants-pouvoirs-de-transform_tech
^^
Note personnelle :Dans la partie 4, les scientifiques expérimentent sur des petis singes, et la caméra nous montre un petit singe dans une petite cage... c'est triste pour lui... ce n'est pas grâce à l'expérimention animale que cet découverte fut faite, mais...... grâce à l'observation et à l'expérience et la réflexion. ça serait bien et justifié que l'expérimentation sur les animaux cesse dans tous les laboratoires.
Dans la partie 5, la solution : l'imagination. le simple fait de penser modifie le cerveau, stimule gène entre les neurones, etc...

lundi 27 septembre 2010

Du cerveau à Dieu de Mario Beauregard

Interview de Mario Beauregard par Lilou Mace

Plaidoyer d'un neuroscientifique pour l'existence de l'âme

Pour tenter de répondre à cette épineuse question, le neuroscientifique Mario Beauregard a demandé à quinze Sœurs carmélite de prêter leur concours à une expérience scientifique.

En examinant l'activité cérébrale de ces religieuses au cours de leur expérience mystique, il a découvert que les pratiques spirituelles ne sont pas reliées à une zone spécifique du cerveau, mais à plusieurs "régions et systèmes cérébraux " habituellement destinés à des fonctions telles que la perception, les émotions ou la conscience de soi.

Il n'existe donc pas un unique "point de Dieu " dans notre cerveau, pas plus qu'il n'existe un "gène de Dieu " dans nos cellules. Par ailleurs, l'étroite corrélation des activités spirituelles et neurologiques ne signifie pas qu'il faille réduire l'expérience spirituelle à un simple phénomène cérébral ou à une illusion, voire une hallucination, dont l'unique socle serait de nature neuronale.

Loin s'en faut : les expériences mystiques révèlent la capacité des individus à entrer en contact avec une force objectivement réelle, transcendantale, un au-delà d'eux-mêmes, du temps et de l'espace. D'où les nombreux phénomènes psychiques qui demeurent inexpliqués par la science, tels que les guérisons "miraculeuses ", l'effet placebo, les prémonitions, les expériences de mort imminente (EMI ou NDE), le sentiment d'union lors de la prière ou la méditation ...

Salutaire, édifiant, ce livre s'écarte de la tendance générale des travaux de neurosciences en remettant en question l'idéologie matérialiste dominante. Il nous montre que si la science est incapable de prouver ou d'infirmer l'existence de l'âme, elle ne saurait pour autant persister à la nier.


http://www.tree2share.org/article-869-du-cerveau-a-dieu-nl-plaidoyer-d-un-neuroscientifique-nl-pour-l-existence-de-l-ame-.

A deux pas du futur, Que cache notre cerveau?

Sur les facultés hors du commun du cerveau par Igor et Grichka Bogdanoff.

http://www.tree2share.org/article-881-a-deux-pas-du-futur-un-reportage-tres-interessant-sur-l-incroyable-faculte-du-cerveau-humain-.-nl-propose-par-igor-et-grichka-bogdanoff

samedi 19 septembre 2009

La puissante introspection de Jill Bolte Taylor


"Peu de spécialistes du cerveau souhaiteraient vivre l'attaque foudroyante dont Jill Bolte Taylor a été victime. Bien que cette expérience lui ait permis d'observer comment les fonctions de son cerveau, gestes, parole et conscience de soi se sont arrêtées les unes après les autres. Une histoire étonnante. "




Jill Bolte Taylor avec Oprah's Souls Series, il y a un an.Il s'agit d'une webdiffusion de la série Oprah's Soul (qui apparaît également sur la radio XM, canal 156). Cette vidéo a été diffusée le 16 Juin et caractéristiques Jill Bolte Taylor, spécialiste du cerveau de renom qui a connu une métamorphose spirituelle après avoir subi un accident cérébrovasculaire. Cette annonce intervient après le succès de sa série de webcasts pour le livre de Eckhart Tolle's, "A New Earth".


VOYAGE AU DELA DE MON CERVEAU

Jill Bolte Taylor est une neuroanatomiste américaine qui, à l’âge de 37 ans,
a subi un A.V.C. (Accident Vasculaire Cérébral) dû à la rupture d’un anévrisme
qui a entraîné une hémorragie dans l’hémisphère gauche de son cerveau.
Voici comment elle décrit ce qu’elle a vécu (dans Voyage au-delà de mon cerveau)
: « Les instants ne se succédaient plus les uns aux autres mais demeuraient
éternellement en suspens. Un peu comme quand on longe une plage ou qu’on
contemple le spectacle de la nature. Rien ne me pressait plus de me lancer dans
la moindre activité. J’ai renoncé à l’action au profit de l’être; à mon hémisphère
gauche au bénéfice du droit. Je ne me sentais plus minuscule et insignifiante ou
seule au monde mais en expansion infinie. J’ai cessé de penser verbalement pour
me contenter de simples images de l’instant présent. Je ne parvenais plus à réfléchir
au passé ni à l’avenir: les cellules qui me le permettaient autrefois ne jouaient
plus leur rôle. Je ne m’ancrais plus que dans l’ici et maintenant, et c’était magnifique
! La conception que je me formais de moi-même a radicalement changé.
L’intuition m’est venue qu’au niveau le plus élémentaire, j’étais un fluide. Tout,
autour de nous, et en nous, se compose de particules atomiques en mouvement.
Libéré des entraves que lui imposait le mode ordinaire de perception de mon
hémisphère gauche, mon hémisphère droit a exulté de se découvrir associé au
flux de l’éternel. Je ne me sentais plus isolée ni seule au monde. Mon âme en
expansion atteignait les dimensions de l’univers entier en s’ébattant allègrement
dans un océan sans bornes.

Un subtil malaise s’instillerait sans doute chez la plupart d’entre nous à l’idée
de posséder une âme aussi vaste que l’univers entier, reliée au flux d’énergie
qui parcourt tout ce qui est. Et, pourtant, qui oserait nier la réalité des
millions de milliards de particules en mouvement qui nous constituent? Nous
ne sommes au fond que des membranes remplies de fluides dans un univers
liquide où tout s’agite sans répit. Tout autour de nous se réduit en dernière
analyse à un assemblage de molécules de densités variables; à une combinaison
d’électrons, de protons et de neutrons esquissant un incessant ballet
aux figures complexes. Tout est atomes. Tout est énergie. Mes yeux ne percevaient
plus une mosaïque aux composants distincts. Au contraire, voilà que
tout fusionnait ! Je n’analysais plus normalement ce qui se présentait à ma
vue. (Ma perception de mon environnement le jour de l’A.V.C. s’apparente
assez aux tableaux pointillistes de certains néo-impressionnistes.)

Ma conscience en éveil se sentait rattachée à une sorte de flux cosmique.
Tout se confondait dans mon champ de vision dont le moindre pixel irradiait
d’énergie. Impossible de distinguer les limites entre les objets : ils ne formaient
plus qu’un vaste ensemble. Je ne voyais plus en trois dimensions ».

Incapable de faire fonctionner son cerveau gauche, Jill Bolte Taylor a dû réapprendre
à vivre en passant successivement par les stades de bébé, puis de
petit enfant, d’enfant, d’adolescent et enfin d’adulte. Cette reconstruction
de ses réseaux de neurones a duré huit années mais lui a permis, en tant que
neuroanatomiste, de vivre de l’intérieur les processus d’apprentissage du cerveau.

Au sujet des émotions, elle écrit :
« Mon A.V.C. m’a donné l’occasion de prendre conscience de l’impact de
mes émotions sur mon organisme. La joie est devenue une sensation à l’intérieur
de mon corps. La quiétude aussi. Je ressens aujourd’hui quand une
nouvelle émotion prend naissance en moi. Certaines se dissipent aussi subitement
qu’elles m’ont envahie. J’ai dû diversifier mon vocabulaire pour les
qualifier et, chose remarquable, j’ai découvert qu’il était en mon pouvoir de
les laisser s’installer en moi ou, au contraire, de les chasser au plus vite.
J’ai commencé à prendre des décisions en fonction de ce que je ressentais.

Des émotions telles que la colère, la frustration ou la peur me pèsent. J’ai
déclaré à mon cerveau que je n’en voulais plus et qu’il ne devait surtout pas
activer les réseaux de neurones correspondants. J’ai découvert la capacité de
mon hémisphère gauche à « raisonner » mon cerveau en lui dictant ce qu’il
tolère ou pas. Là-dessus, j’ai compris que je ne serais plus jamais la même
qu’avant. J’ai désormais mon mot à dire sur ce que je ressens et je m’oppose
envers et contre tout à la réactivation de mes anciennes connexions neuronales
génératrices de souffrance.

L’attention soutenue que j’ai prêtée à l’incidence de mes émotions sur le
fonctionnement de mon organisme a joué un rôle déterminant dans ma guérison.
Huit années durant, j’ai observé mon esprit à l’oeuvre en analysant ce
qui se passait dans mon cerveau. Chaque jour nouveau s’est accompagné de
révélations et de défis à relever. Plus mon passé me revenait en mémoire, plus
mon bagage émotionnel refaisait surface. Il m’a fallu réfléchir plus d’une fois
à l’opportunité (ou pas) de renouer avec mes anciens modes de pensée.

À partir du moment où mon hémisphère gauche a repris du poil de la bête,
il m’a semblé naturel d’accuser les autres, ou tout simplement la force des
choses, de mon humeur. Je sais cependant que personne ne peut m’obliger
à ressentir quoi que ce soit, excepté moi-même. Rien d’extérieur à ma conscience
n’a le pouvoir de m’ôter ma tranquillité d’esprit. Celle-ci ne dépend
que de moi. Loin de moi la prétention de contrôler tout ce qui m’arrive! Il
n’empêche que c’est à moi et à moi seule de décider du regard que je porte
sur mon expérience. »

Elle découvrit que le cycle normal d’une émotion est de 90 secondes :
aussi quand elle constate que des réseaux de neurones qu’elle ne parvient
pas à contrôler prennent le dessus, elle attend une minute et demie que la
réaction physiologique émotionnelle aie le temps de couler hors de son
corps, puis elle s’adresse à son cerveau en lui disant avec sincérité : « Je te
suis reconnaissant de ta capacité à faire naître en moi des émotions mais
celle que tu viens d’éveiller ne me dit rien qui vaille, alors je te prie de passer
à autre chose ! » Sa guérison lui permit de mieux comprendre le fonctionnement
des hémisphères du cerveau. Elle écrit :

« Je me demandais dans quelle mesure la récupération des facultés de mon
cerveau gauche me contraindrait à sacrifier le nouveau système de valeurs de
mon hémisphère droit et les traits de caractère qui en découlaient. Je ne souhaitais
pas renoncer à mon impression de fusionner avec le reste du monde.
Loin de moi l’envie de renoncer au nirvana! Quel prix allait devoir payer la
conscience de mon hémisphère droit pour que l’on m’estime à nouveau «normale
»? Les neurobiologistes actuels se contentent souvent de décrire sur un
plan purement intellectuel l’asymétrie fonctionnelle de nos deux hémisphères
cérébraux sans s’arrêter aux traits de caractère qui résultent de leur spécificité.

Avant mon A.V.C., mon hémisphère gauche prévalait sur le droit. Je sollicitais
la plupart du temps mes facultés de jugement et d’analyse. Mon hémorragie
a détruit les neurones qui définissaient mon ego dans le centre du langage de
mon hémisphère gauche en les empêchant ainsi d’étouffer plus longtemps la
voix de mon cerveau droit, ce qui m’a permis de relever les différences entre
les deux personnalités qui cohabitent à l’intérieur de mon crâne. Les deux moitiés
de mon cerveau, non contentes de percevoir le monde ou de réfléchir chacune
à sa manière, prônent des valeurs propres au type de données qu’elles
traitent. Mon A.V.C. m’a obligée à me rendre compte que mon hémisphère
droit abritait une forme de conscience dont dépendaient ma quiétude, ma joie
et mon amour pétri de compassion pour le reste du monde.

Certains d’entre nous ont encouragé le développement des deux moitiés
de leur cerveau: ils optimisent les compétences propres à chacune de sorte
qu’elles se contrebalancent au quotidien. D’autres s’en tiennent au contraire à
un fonctionnement unilatéral; ils suivent un mode de pensée rigide et critique
(en n’ayant recours qu’à leur cerveau gauche) ou, à l’inverse, se coupent du
réel en passant leur temps « la tête dans les nuages » (à l’intérieur de leur cerveau
droit). Un équilibre harmonieux entre les tendances associées à chacun
de nos hémisphères devrait nous assurer assez de flexibilité sur le plan cognitif
pour nous adapter au changement (grâce à notre cerveau droit) sans dévier
pour autant du chemin que nous nous sommes tracé (à l’aide de notre cerveau
gauche). Apprécier à leur juste valeur et utiliser au mieux nos aptitudes cognitives
nous amène à prendre conscience des chefs-d’oeuvre de la vie que nous
sommes tous! Imaginez le monde que nous pourrions créer pour peu que chacun
d’entre nous décide de laisser libre cours à sa compassion.

Hélas ! La compassion n’a pas souvent voix au chapitre dans nos sociétés.
Beaucoup d’entre nous passent un temps fou (et gaspillent énormément d’énergie)
à dévaloriser ou critiquer les autres (ou, pire encore, eux-mêmes !).
Quand nous nous accablons de reproches, nous devrions nous demander
qui, au fond de nous, nous houspille et sur qui pleuvent nos récriminations.

Avez-vous déjà remarqué la fâcheuse tendance des pensées négatives à
redoubler notre hostilité envers nous-mêmes ou notre anxiété? Et l’influence
pernicieuse de notre monologue intérieur sur nos relations avec nos proches
et les réactions que nous suscitons en eux? En tant que créatures biologiques,
nous disposons d’une emprise extraordinaire sur nous-mêmes. Nos
neurones communiquent entre eux en fonction de circuits établis, ce qui
rend au final leur activation assez prévisible. Plus nous nous concentrons sur
un réseau de cellules en particulier, c’est-à-dire plus nous passons de temps
à entretenir telle ou telle pensée, plus notre influx nerveux aura tendance à
suivre le même parcours à l’avenir.

Mon hémisphère droit ne se soucie que de l’ici et maintenant. Il batifole
avec un enthousiasme débridé sans s’inquiéter de quoi que ce soit. Il sourit
sans cesse et se montre très amical. Eternellement satisfait, il ne renonce
jamais à son optimisme. Il ne juge pas en termes de bien ni de mal; tout existe
de son point de vue dans un continuum; tout est relatif. Il prend les choses
comme elles viennent et s’adapte aux situations telles qu’elles se présentent.

Mon hémisphère droit nous considère tous comme membres à part
égale de la grande famille humaine.
Mon hémorragie a été une bénédiction pour moi dans la mesure où elle
m’a permis de «donner un coup de jeune » aux réseaux de neurones à l’origine
de ma joie de vivre. Mon A.V.C. m’a rendue libre d’explorer le monde
qui m’entoure avec une curiosité enfantine. C’est mon hémisphère droit qui
me souffle que nous formons ensemble la trame du canevas universel des
potentialités de l’humanité, que la vie est belle et que tous les êtres qui peuplent
notre planète sont merveilleux tels qu’ils sont.

C’est dans mon hémisphère droit que résident mes tendances mystiques,
ma sagesse, mes facultés d’observation, d’intuition, de clairvoyance. Mon
cerveau droit jouit d’une entière liberté. Il ne se laisse pas entraver par mon
passé. Il ne craint pas l’avenir. Il savoure mon existence au quotidien. Il ne se
soucie pas seulement de moi mais de la vitalité de ceux qui m’entourent, de
notre bien-être à tous au sein d’une même société, et de notre relation avec
notre mère la terre. J’ai beau admirer l’ouverture d’esprit et l’enthousiasme
dont témoigne mon cerveau droit en prenant la vie à bras-le-corps, mon
hémisphère gauche ne me semble pas moins fascinant. Souvenez-vous que
j’ai tout de même passé huit années à tenter de le ressusciter ! C’est lui qui
associe les informations que me transmettent mes sens aux fabuleuses
potentialités qui apparaissent à chaque instant à mon hémisphère droit pour
en former une représentation de mon environnement qui me permette d’interagir
avec lui. Mon cerveau gauche me sert à communiquer avec le monde
extérieur. Mon hémisphère droit pense par juxtaposition d’images tandis que
mon hémisphère gauche réfléchit à l’aide d’un langage verbal. Il me parle
sans cesse. Son babil me remémore en permanence à quoi ressemble ma vie
en entretenant la conscience de mon identité. Si je me considère comme une
entité solide indépendante. Mon cerveau gauche s’épanouit en se livrant à
des supputations et des calculs incessants. C’est un perfectionniste qui excelle
à tenir un intérieur ou à gérer une entreprise. « Chaque chose a sa place,
et donc, chaque chose à sa place ! Telle est sa devise. Alors que notre cerveau
droit s’attache aux valeurs humaines, le gauche se souciera plutôt d’économie
ou de finances.

Mon hémisphère gauche n’hésite pas à se charger de plusieurs corvées à
la fois et il prend d’ailleurs plaisir à multiplier les activités. Entrepreneur, dynamique,
il se jauge à l’aune du nombre de lignes qu’il a gagné le droit de biffer
sur ma liste quotidienne de choses à faire. S’il me fallait qualifier ce que
je ressens au plus profond de mon hémisphère droit, j’emploierais le terme
de « joie ». Mon hémisphère droit exulte à la seule idée d’être en vie ! Quel
n’est pas mon émerveillement quand je songe qu’il est en mon pouvoir de
fusionner avec le reste de l’univers en conservant par ailleurs une identité
individuelle qui me permet d’évoluer dans le monde en le transformant selon
ma volonté !

Si la notion même de joie vous paraît incongrue, rassurez-vous: les circuits
de neurones à l’origine d’une telle émotion n’ont pas disparu de votre cerveau
pour autant. La suractivité de vos cellules génératrices d’anxiété ou de crainte
les inhibe tout simplement. Comme j’aimerais que vous puissiez à votre tour
vous débarrasser de votre bagage émotionnel pour retrouver votre joie spontanée
d’être au monde! Le secret de la quiétude consiste à chasser les pensées
angoissantes qui nous distraient de l’ici et maintenant et des messages que
nous transmettent en permanence nos cinq sens. Notre désir de paix doit prendre
le pas sur notre attachement notre souffrance ou à notre ego ou encore
sur notre envie de l’emporter à tout prix. Comme le dit cette petite phrase qui
me plaît beaucoup : «Vaut-il mieux avoir raison ou être heureux ? »
En ce qui me concerne, j’apprécie beaucoup les sensations physiologiques
que me procure ma joie de vivre; c’est pourquoi je stimule souvent les circuits
de neurones qui l’éveillent. Plus d’une fois, je me suis demandé: Si chacun de
nous a le choix, pourquoi tout le monde n’opte-t-il pas pour le bonheur? Je
ne peux qu’émettre des hypothèses mais il me semble que nombre d’entre
nous ne se rendent pas compte que le choix leur appartient, ce qui fait qu’ils
n’en profitent pas. Avant mon A.V.C., je me considérais comme un produit
de mon cerveau et jamais je n’aurais cru avoir mon mot à dire sur ma réaction
aux émotions qui me submergeaient. À un niveau intellectuel, je me
savais capable d’orienter le cours de mes pensées mais il ne e serait pas venu
à l’idée que je pouvais décider de ce qu’éveillait en moi tel ou tel état
d’esprit. Personne ne m’avait avertie qu’il ne fallait qu’une minute et demie
aux substances chimiques que sécrète mon organisme pour se dissiper en me
laissant de nouveau libre. Vous n’imaginez pas le bouleversement qu’une
telle prise de conscience a marqué dans ma vie ! »

source :
http://www.santeglobale.info/tal/Emotions-psychiatrie.html