lundi 24 février 2014

L'Intuition

Écrit par Leonardo Vintiñi, pour Epoch Times


notre avancée technologique nous ferait-elle perdre nos dons ? «La seule chose de vraie valeur est l'intuition.» disait Albert Einstein
L'intuition
« Heureux ; en colère ; heureux ; vraiment heureux ». Un instrument surveille le cerveau de Monsieur X qui ne semble pas dire les choses au hasard. Il a subi deux hémorragies cérébrales qui ont endommagé le centre de la vision dans le cerveau, et l’ont rendu aveugle.
On a présenté à Monsieur. X des photos de visages exprimant la peur, le bonheur et d’autres émotions. Il a donné les bonnes réponses à un niveau bien plus élevé que ne l’aurait fait le pur hasard. Existerait-il un moyen de voir en dehors de la vision oculaire ? S’agit-il d’un mode de réceptivité qui n’aurait pas encore été découvert ?
Le Docteur Alan Pegna de l’université de Nouvelles Galles du Sud en Australie et son équipe de chercheurs à Genève ont été étonnés des résultats de l’étude. Durant le scanner, on a remarqué une activité très nette dans l’amygdale droite de Monsieur X, une activité tout à fait semblable à celle d’un sujet faisant la même chose mais avec un cerveau non endommagé.
Certains scientifiques tirent de cette expérience une hypothèse tout à fait intéressante : l’éventualité d’un sixième sens. Pour d’autres, il s’agit ni plus ni moins du début de la recherche scientifique sur une capacité bien connue depuis longtemps : l’intuition.
Bien que l’intuition soit peu acceptée dans les milieux scientifiques, la reconnaissance de cette capacité a pris de l’ampleur en neurophysiologie ces dernières années. Pourtant, cette capacité qui est de connaître les choses avant qu’elles ne se soient passées : tant pour des évènements lointains que pour des changements imminents dans l’environnement, est bien connue depuis des milliers d’années par les peuples indigènes du monde entier.
Hypersensibilité ou sixième sens ?
Après le tsunami en 2004 en Asie, un représentant du gouvernement du Sri Lanka a fait des remarques très intéressantes : « la mer a rapporté des centaines de corps humains mais pas le moindre cadavre d’éléphant, de chat ou de lapin. C’est étrange qu’on n’ait pas vu d’animaux morts».
Les animaux auraient-ils la capacité de sentir un danger imminent ? Comment ont-ils pu s’enfuir devant le tsunami ? Car juste quelques minutes avant que la mer ne s’enfonce dans les terres, les animaux ont filé désespérément vers les hauteurs de l’île.
De même, les peuples autochtones de la région, avec en eux 60 000 ans de contact avec la nature, ont suivi le comportement des animaux et les ont accompagnés vers les hauteurs. Pratiquement tous les autochtones ont survécu au tsunami. Mais comment ces hommes et ces animaux ont pu percevoir ce danger immédiat ? Peut-on raisonnablement avancer que c’est le résultat de leur intuition ? Et s’il en est ainsi, comment fonctionne ce mystérieux mécanisme biologique ?
Il n’est pas facile de répondre à ces questions. Selon certaines enquêtes, les peuples natifs de l’île, en vivant, proches de la nature, ont, au fil du temps, intégré un grand savoir. Ils ont pu par exemple : ressentir la résonance des pas des éléphants sauvages lorsqu’ils se sont précipités à l’intérieur de l’île, ou observer l’étrange attitude des dauphins, des iguanes et des oiseaux. Ainsi, ils ont pu percevoir de manière très efficace ce que les radars, qui ne fonctionnaient pas à ce moment-là, n’auraient pas forcément pu détecter ou su interpréter.
Dans un article paru dans la revue Science, des chercheurs de l’université Saint Louis de Washington ont expliqué que les clés d’anticipation que possèdent les peuples indigènes proviennent d’une région du cerveau appelée le cortex antérieur. Cette zone du cerveau devient active dans des situations où le changement de l’environnement reste imperceptible à la conscience mais nécessite une action pour assurer la survie de l’individu.
Comprendre comment les animaux ont eu l’intuition de l’approche du tsunami est une tâche plus difficile. Des chercheurs en comportement animal suggèrent que des indices tels que des changements dans la pression atmosphérique, des vibrations du sol et les sons émis par les vagues qui avancent, des choses imperceptibles aux sens humains, peuvent donner des indices à certains organismes sur un danger imminent. On sait, de même, que les oiseaux et les autres animaux quittent une zone juste avant une éruption volcanique.
Des biologistes chinois ont observé que quelques minutes avant un tremblement de terre, les chats, les chiens et les autres animaux domestiques de la région deviennent agités et dans certains cas hurlent, aboient ou miaulent de manière incontrôlée. Les serpents sortent de leur trou, les oiseaux voltigent dans leur cage et les rats courent frénétiquement.
Cependant beaucoup de scientifiques croient, aussi bien dans ce cas que dans celui de Monsieur. X, qu’il doit exister une méthode différente selon laquelle les formes de vie peuvent percevoir leur environnement autrement que par les sons, les vibrations, les odeurs, les images ou le goût.
Une capacité en sommeil
L’expérimentation initiale a été simple : on a pris une quarantaine de volontaires et deux photographes par test. Le directeur de l’expérimentation, Ronald Rensink, professeur assistant de psychologie et science de l’ordinateur à l’université de Colombie Britannique a choisi le sujet d’observation suivant : comment se sont produits des accidents pour lesquels les responsables n’avaient pas pu voir la voiture dans laquelle ils sont rentrés. Cette étude a été publiée par Science Psychologique.
Au début, on a montré aux volontaires la photo d’une route. Puis à plusieurs reprises la même image a été visionnée. A un moment choisi par hasard, au cours d’une nouvelle présentation, quelque chose dans l’image est changée : un élément ajouté ou enlevé, par exemple.. Mais ce changement, même significatif, reste souvent difficile à percevoir.
Il est demandé aux volontaires, d’appuyer sur un bouton au moment où ils s’aperçoivent du changement. La surprise a été la demande de certains volontaires. En effet  ils ont demandé à Ronald Rensink s’ils devaient presser le bouton lorsqu’ils voyaient vraiment le changement ou alors lorsqu’ ils avaient l’intuition que le changement allait se produire.
Ceci orienta de manière différente l’étude. Ronald Rensink nota que non seulement la majorité des volontaires se rendaient compte du changement au moment précis où celui-ci survenait, mais de plus, un tiers des sujets pressait le bouton juste avant la présentation de la photo.
Cette étude démontre que l’intuition pourrait bien être une façon extrasensorielle de détecter des changements infinitésimaux de l’environnement. Elle suggère que nous pourrions avoir la capacité de percevoir des stimuli impossibles à détecter, même avec une technologie de pointe.
Pourrait-on faire quelque chose pour améliorer nos capacités intuitives ? Pourquoi les animaux bénéficient d’une meilleure acuité intuitive que nous ? Nos ancêtres, intimement liés à la nature, avaient une capacité intuitive développée. D’où l’idée que nos contemporains, en faisant de plus en plus appel à la technologie pour comprendre le monde, ont perdu peu à peu leur capacité intuitive. Dans notre culture moderne, on accorde plus de crédit à des choses pouvant être facilement vérifiées.
Alors notre avancée technologique nous ferait-elle perdre nos dons ? «La seule chose de vraie valeur est l'intuition.» disait Albert Einstein



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