jeudi 16 août 2012

"Une région du cerveau aide à réfléchir sur ses propres pensées"


  • Recherche / Neurosciences cognitives.

    "Une région du cerveau aide à réfléchir sur ses propres pensées"







    Une nouvelle étude montre qu’une région particulière du cerveau s’avère plus développée chez les personnes montrant une facilité à réfléchir sur eux-mêmes et leurs propres décisions. Cet acte d’introspection, ou le fait de « penser sur nos propres pensées », est un élément clé de la conscience humaine. Il existe néanmoins plusieurs manières de faire selon les scientifiques.

    Les résultats des chercheurs de l’University College London (UCL) au Royaume Uni, publiés dans la revue Science, suggèrent que le volume de matière grise située juste derrière nos yeux, le cortex préfrontal antérieur, est un bon indice de la capacité d’introspection d’une personne. De plus, les chercheurs proposent que la structure de la matière blanche reliée à cette aire soit aussi en rapport avec le processus de l’introspection.

    Il reste toutefois à élucider le lien fonctionnel entre l’introspection et ces deux éléments du cerveau. Le résultat de l’étude ne signifie pas que les individus ayant un volume plus important de matière grise dans cette région du cerveau ont, ou auront, plus de pensées introspectives que les autres. Il établit en revanche une corrélation entre structure des matières grise et blanche du cortex préfrontal et niveau d’introspection.

    Cette découverte pourrait aider à l’avenir les scientifiques à mieux comprendre comment certaines lésions du cerveau affectent la capacité de l’individu à réfléchir sur ses pensées et ses actions. Une telle compréhension pourrait alors aboutir à la mise au point de traitements adaptés pour ces patients, tels que les victimes d’accident vasculaire cérébral (AVC) ou de traumatismes cérébraux, alors qu’ils ne comprendraient même pas l’état dans lequel ils se trouvent.

    « Prenez par exemple deux patients atteints d’une maladie mentale, l’un conscient de sa maladie, l’autre non » dit l’un des auteurs de l’étude, Stephen Fleming de l’UCL.

    « La première risque de se soigner, la seconde moins. Si nous comprenons la conscience de soi au niveau neurologique, peut-être aurons-nous alors la possibilité d’adapter des traitements et de mettre au point des exercices spécifiques pour ces patients. »

    Cette étude est issue de la collaboration des groupes Geraint Rees et Ray Dolan à l’UCL dans le but de comprendre la prise de décision. Les chercheurs ont mis au point une expérience pour mesurer la performance d’une personne à un test ainsi que son degré de confiance dans les décisions qu’il prend au cours de ce test. En notant la capacité des participants à juger de leurs propres décisions, les chercheurs ont été en mesure d’évaluer leur capacité d’introspection.

    Les chercheurs ont pour cela recruté 32 volontaires en bonne santé et leur ont montré deux écrans, chacun contenant six motifs. L’un des écrans affichait toutefois un motif plus brillant que les autres. Les chercheurs ont demandé aux participants d’identifier quel écran le contenait puis d’estimer leur degré de confiance dans leur appréciation finale. Après l’expérience, le cerveau des participants a été scanné en imagerie par résonance magnétique, ou IRM.

    La tâche imaginée était difficile, de sorte que les participants n’étaient jamais complètement sûrs de donner la bonne réponse. Les chercheurs ont pensé que les personnes meilleures pour l’introspection seraient plus sûres d’elles après avoir fait le choix correct et moins sûres lorsque leur choix n’était pas le bon. Effectivement, l’expérience a montré que la capacité à prendre des décisions était la même entre tous les participants mais que la différence semblait se situer dans la connaissance des participants à prendre des décisions.

    « C’est comme à l’émission « Who wants to be a millionaire ? (Qui veut gagner des millions ?) » précise Weil.

    « Une personne introspective confirmera sa réponse finale que lorsqu’elle sera vraiment sûre et téléphonera peut-être à un ami si elle a un doute. Un participant moins introspectif, au contraire, sera moins efficace pour juger si sa réponse est bonne ou pas »

    Ainsi, bien que chaque participant ait fait aussi bien au test, les chercheurs ont confirmé que leur capacité introspective peut énormément varier. En comparant les images IRM du cerveau de chaque participant, ils ont pu repérer une corrélation entre la capacité d’introspection et la structure d’une petite zone du cortex préfrontal. Les capacités méta-cognitives ou de « pensées plus élevées » semblent ainsi en rapport avec la quantité de matière grise du cortex préfrontal antérieur droit et de la matière blanche qui l’entoure.

    Ces résultats pourraient refléter des différences innées dans notre anatomie nerveuse ou l’effet de l’expérience et d’un entraînement. Dans ce dernier cas, on pourrait alors envisager de « développer » les capacités métacognitives en exploitant la malléabilité de ces régions dans le cortex préfrontal. Il faudra néanmoins plus de recherches pour explorer les mécanismes mentaux de l’introspection et pouvoir ensuite les relier à des processus biologiques.

    « La conscience est la « frontière ultime » de la biologie, »

    explique Stephen Fleming, principal auteur de l’étude.

    « Nous voulons savoir comment nous sommes conscients de certains processus mentaux alors que d’autres sont totalement inconscients. Des scientifiques et des philosophes ont récemment suggéré l’existence de différents niveaux de conscience, allant de la simple expérience des choses vécues à la réflexion qui porte sur ce vécu. L’introspection se situe au bout de cette échelle et la mesure de son activité en fonction de celle du cerveau nous donne l’espoir de mieux comprendre la biologie de la pensée consciente, » conclut le chercheur.



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